LDH Tours et Indre & Loire

Déclaration faite au nom de la LDH par Jean Frouin, lors de la conférence de presse du 31 février 2008 organisée par le Collectif « pas touche au livret A »

vendredi 1er février 2008 par Sebastien

La LDH est engagée depuis sa création il y a un siècle, dans le combat pour les droits, qu’ils soient politiques, sociaux, culturels, économiques.

Ces droits comme vous le savez, sont inscrits dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, texte fondateur, puis déclinés dans d’autres textes internationaux comme la Convention Européenne des Droits de l’Homme, et pour ce qui concerne la France ils sont repris dans la constitution et dans son préambule.

Le combat pour les droits consiste à les rendre effectifs, c’est-à-dire à faire en sorte que la société dans son organisation politique et sociale les mettent en œuvre concrètement pour que chacun puisse y avoir également accès sans aucune discrimination due à la position sociale à la fortune, au sexe, à la religion, l’origine ou à la couleur de la peau. Cela ne va pas sans luttes politiques et sociales pour y parvenir. L’égalité des droits, traduite le plus souvent dans le service public, c’est le pacte républicain. .

Aujourd’hui, force est de constater que la société subit de profondes transformations dont le but n’est pas le développement des droits ni leur protection. Elles mettent à mal la solidarité qui est la condition d’accès aux droits pour tous. J’en veux pour preuve, le nombre de plus en plus grand de personnes qui ne peuvent accéder au droit d’être soignées, au droit d’avoir un travail, au droit d’avoir un logement...On pourrait aussi évoquer les atteintes aux libertés individuelles que constitue la multiplicité des fichiers, la vidéosurveillance, le contrôle social généralisé.

De nombreux droits sont donc menacés, et parmi eux il en est un qui explique notre présence ici, c’est le droit au compte. En effet ne pas disposer aujourd’hui d’un compte courant rend impossible les opérations financières de la vie quotidienne.

Alors que cet accès au compte devrait être ouvert à tous sans conditions, les établissements bancaires n’acceptent que les clients solvables dont la gestion du compte est susceptible de leur rapporter un profit.

C’est ainsi que plusieurs millions de personnes victimes de cette discrimination bancaire, seraient sans solution si le livret A n’existait pas.

En effet ce livret A est accessible à tous, gratuitement, sans aucune discrimination, distribué dans toute la France par les guichets de la Poste et des Caisses d’Epargne. C’est dire le rôle de premier plan que jouent ces organismes vis-à-vis des personnes excluent du droit au compte, car il est fréquemment utilisé comme substitut à un compte bancaire pour le versement des salaires des prestations sociales et les prélèvements automatiques (EDF, GDF, loyers...)

Par exemple pour la Poste, sur 21 millions de livrets A, 12 millions d’entre-eux ont un encours inférieur à 150 euros et la Poste accepte des retraits de 1,5 euros.

Or la commission Camdessus préconise de soumettre l’ensemble des banques autorisées demain à délivrer le livret A à un cahier des charges fort peu contraignant en matière du respect du droit à l’accessibilité bancaire, et leur recommande de ne plus délivrer de versements inférieurs à 10 euros.

La banalisation du livret A provoquera c’est certain une restructuration des réseaux de la Poste et des caisses d’Epargne et donc diminuera le nombre de leurs guichets et durcira les conditions de leur accès.

C’est cette possibilité de mise en péril de l’accessibilité bancaire pour les plus démunis que dénonce la Ligue des Droits de l’Homme et contre laquelle elle entend lutter aux cotés des autres organisations réunies dans le collectif.

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Appel du Collectif « pas touche au livret A »

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